Ces Goncourt à l’accent catalan
Le 3 novembre 2015 dans Lindependant.fr
Après Lydie Salvayre en 2014 qui évoquait avec « Pas pleurer » le parcours de mère catalane lui racontant au soir de sa vie l’insurrection libertaire de 1936 en Espagne, c’est à nouveau la Catalogne qui est à l’honneur en 2015. Le romancier Mathias Enard a en effet ce reçu mardi le Goncourt pour « Boussole », hymne érudit à l’Orient de la part d’un auteur qui vit depuis 2000 à Barcelone où il enseigne l’arabe à l’Université Autonome. Si les deux livres n’ont rien en commun, si ce n’est ce prix et la belle plume de leurs auteurs, le clin d’œil indirect à la capitale catalane est amusant…
Né en 1972 à Niort, Mathias Enard est depuis toujours attiré par l’Orient. Arabophone, il parle également le persan, appris à l’université Chahid-Behechti de Téhéran. Avant de s’installer en Catalogne il a vécu à Berlin et à Beyrouth. Toute son oeuvre est imprégnée d’Orient. Son premier roman, paru en 2003, « La perfection du tir » (ses livres sont tous édités chez Actes Sud) évoquait le Liban même si le pays où se déroule cette histoire n’est jamais nommé. Son roman « Zone » (2008) avait pour thème la violence de la guerre. En 2010, « Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants » (Goncourt des lycéens) parlait des échanges esthétiques et culturels entre Orient et Occident et « Rue des voleurs » (2012) racontait le destin d’un jeune réfugié marocain en Europe.
